Le blog FSU des personnels de la Région Nouvelle-Aquitaine et de ses agences
Vous êtes ici : Accueil » Actus nationales » Les fractures territoriales se creusent : le « déménagement des territoires » (...)

Les fractures territoriales se creusent : le « déménagement des territoires » est à l’œuvre

D 1er novembre 2016     H 21:44     A FSU     C 0 messages


La note d’analyse publiée en juillet 2016 par France Stratégie (l’ancien Commissariat général au Plan) et intitulée « Dynamiques et inégalités territoriales », ne peut manquer de nous interpeller en tant qu’agents publics qui plus est travaillant dans une catégorie de collectivité, les Régions, qui ont en particulier comme compétence l’aménagement du territoire. (Lire en ligne)

Cette étude montre que les inégalités territoriales se sont creusées entre 2000 et 2013. Les métropoles, Paris en particulier, concentrent l’activité à haute valeur ajoutée et les populations qualifiées.

Comment éviter que les fossés interrégionaux ne se creusent à l’heure de la création de grandes régions ? C’est la question que pose le Journal Le Monde dans son édition du 7 juillet 2016. Les lignes qui suivent sont tirées de cet article du Monde. (Lire en ligne)

« Les grandes aires urbaines, de plus de 500 000 habitants, concentrent une part importante de l’activité : si elles rassemblent environ 40 % de la population française, elles drainent 55 % de la masse salariale totale. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant y est en moyenne 50 % plus élevé que dans le reste du pays. A l’inverse, alors que 12 % de la population habitent dans des communes de moins de 20 000 habitants, ces dernières ne représentent qu’un peu plus de 6 % des salaires versés.

Parmi les grandes aires urbaines, certaines ont connu, entre 2007 et 2012, une augmentation rapide de l’emploi – Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon – tandis que d’autres voyaient l’emploi baisser – Douai-Lens, Rouen, Strasbourg, Nice, Toulon.

Les régions du nord-est et du centre de la France décrochent par rapport au reste du pays en raison, notamment, de la désindustrialisation rapide du Nord et de l’Est.

Toutefois, ces inégalités sont, partiellement, corrigées à la fois par les effets du système de protection sociale et des emplois publics. Par le jeu des transferts sociaux et de l’emploi public, la dépense publique joue donc un rôle de péréquation entre les territoires, observe l’étude de France Stratégie.

Mais l’organisme s’interroge, en revanche, sur les finalités et l’efficience des politiques territoriales. Depuis trente ans, les dispositifs d’aide aux territoires se sont multipliés et certains d’entre eux se chevauchent, voire même apparaissent contradictoires, notent les auteurs.

Selon toutes les études prospectives, le phénomène de « métropolisation » devrait se poursuivre. Avec les risques de décrochage qui l’accompagnent pour les zones rurales, des risques accrus du fait du vieillissement de la population dans ces zones.

Les grandes zones urbaines disposent d’un fort potentiel de croissance. Les lois Maptam et NOTRe adoptées durant ce quinquennat ont anticipé ce mouvement en accordant des responsabilités et des compétences accrues aux régions et aux métropoles. A elles d’y répondre en jouant un rôle nouveau d’impulsion et de coordination sur leurs territoires ».

Le Monde conclut son article de la façon suivante : « Cependant, l’étude de France Stratégie pose une question majeure. La politique traditionnelle d’aménagement du territoire a longtemps visé à redynamiser par l’investissement les territoires en déclin, constate-t-elle. Or les évolutions économiques récentes amènent à repenser cette orientation. Pour le commissaire général de France Stratégie, il faut miser sur la dynamique de métropolisation, on n’a pas le choix, même si elle est douloureuse pour les territoires. Ce qui suppose d’investir davantage dans les grandes métropoles et à leur pourtour ».

« Il faudra alors avoir une politique volontariste de correction des inégalités et d’accessibilité aux services partout dans le territoire. Doit-on fixer un panier de services minimaux garanti par l’Etat sur tout le territoire ?, interroge l’étude. Au-delà de ce panier, peut-on imaginer une forme de subsidiarité permettant à certains territoires d’accroître l’offre de service à condition qu’ils en assument la responsabilité fiscale ? ».

En clair, il faut accompagner le mouvement général de concentration des activités vers les grands centres urbains, c’était bien l’idée de la réforme territoriale de 2014/15 : affirmer des métropoles et créer de grandes régions à taille « européenne », le « déménagement des territoires » se substitue à l’aménagement du territoire. Quant aux zones urbaines comme aux territoires ruraux ou semi ruraux éloignés de la zone d’attraction des métropoles, ils devront se contenter des miettes : ce que l’Etat leur garantira comme minimum de services et ce qu’ils pourront s’offrir en complément ...