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La rupture conventionnelle à la Région

D 18 octobre 2020     H 15:30     A FSU     C 0 messages


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Le décret du 31 décembre 2019 instaure un mécanisme de « rupture conventionnelle » de façon expérimentale pour les fonctionnaires, et de façon pérenne pour les agents en CDI.

Comme dans le secteur privé (où la disposition existe depuis 2008), la demande de rupture peut intervenir à l’initiative de l’employeur ou de celle de l’agent, mais toujours dans le cadre d’un accord entre les deux parties, formalisé dans une convention qui comporte un volet financier, l’indemnité de rupture conventionnelle (IRC). Le décret fixe un montant minimum pour l’indemnité, en fonction de l’ancienneté Lire à ce propos L’IRC ne peut dépasser au maximum un mois de rémunération par année d’ancienneté (dans la limite de 24 années), soit un maximum de 2 ans de rémunération.

La procédure prévoit au moins un entretien préalable pendant lequel l’agent peut se faire accompagner d’un représentant syndical.

La rupture conventionnelle a pour conséquence pour les fonctionnaires, la radiation de la Fonction publique, et pour les contractuels, la fin du contrat. Elle ouvre droit à l’assurance chômage sous réserve de l’inscription à Pôle Emploi.
Retrouvez les différentes modalités du dispositif dans le dossier que la FSU territoriale a publié.Lire le dossier en ligne

Qu’en est-il à la Région ?

Le dispositif est applicable immédiatement, mais la Région Nouvelle Aquitaine a considéré qu’une délibération est indispensable en préalable, en particulier pour déterminer le montant de l‘indemnité dans les limites fixées par le décret. Ce sera chose faite après la plénière du 16 novembre 2020, puisqu’un projet de délibération est soumis au vote des élus régionaux.

Que dit le projet de délibération, qui a été soumis pour avis au CT le 29 septembre 2020 ?

- que chaque demande sera étudiée individuellement et acceptée ou refusée en fonction de l’intérêt de la collectivité et de l’agent au regard : de la nécessité de service et des coûts générés par a mise en place de la rupture, du projet de l’agent.
- que la Région s’autorise à refuser les demande des agents qui sont à moins de deux ans de l’âge d’ouverture de droit à la retraite
- que le montant de l’indemnité de rupture est fixé au minimum prévu par le décret, à savoir :
* ancienneté jusqu’à 10 ans dans la fonction publique : 1/4 de mois de rémunération brute (traitement brut + RIFSEEP) par année d’ancienneté
* ancienneté à partir de 10 ans jusqu’à 15 ans : 2/5e de mois de rémunération brute par année d’ancienneté
* ancienneté à partir de 15 ans jusqu’à 20 ans : 1/2 mois de rémunération brute par année d’ancienneté
* ancienneté à partir de 20 ans jusqu’à 24 ans : 3/5e de mois de rémunération brute par année d’ancienneté.

Par ailleurs, lors du CT du 29/09, la Région a indiqué qu’elle inscrivait la rupture conventionnelle dans « une politique RH d’accompagnement des agents dans leurs transitions professionnelles ».

Lire le texte de la délibération adoptée par le Conseil Régional.

Ce que nous en pensons.

Plusieurs collègues nous ont fait part de leur intérêt pour ce dispositif afin de réaliser un projet professionnel en dehors de la Fonction Publique.

Cependant, ce dispositif est mis en place en application de la loi du 6 août 2019, dite de « transformation de la fonction publique ». Cette loi, que nous avons combattue, organise la déréglementation (élargissement des possibilités de recours au contrat au détriment du concours, facilitation des privatisations….) et réduit globalement les droits des agents (suppression des CHSCT, amoindrissement des compétences des CAP,…etc).Lire à ce propos

La rupture conventionnelle s’inscrit dans l’objectif annoncé par l‘Etat de réduire drastiquement les effectifs de la Fonction Publique. Son application à l’initiative des employeurs, peut donc être lourde de danger pour le Service public et pour ses agents : réduction d’effectifs, pression sur des agents pour qu’ils acceptent la rupture,...etc.

Nous serons donc bien évidemment attentifs à ce que cette mesure soit utilisée à la Région uniquement à l’initiative des agents et pas de l’employeur et bien dans une logique d’accompagnement des agents "dans leurs transitions professionnelles », comme annoncé par le questeur lors du CT du 29/09. Nous avons demandé et obtenu que le Comité technique soit destinataire chaque année d’un bilan d’étape anonymé des RC (nb de demandes, acceptations, motifs de refus,…).

. Les élu.e.s FSU sont à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner dans vos démarches n’hésitez pas à les contacter.

Le statut offre également d’autres possibilités comme la disponibilité pour convenance personnelle qui ne comporte pas d’indemnisation, mais ne rompt pas le lien avec la Fonction Publique.